PREFA FRANCE : Six questions à Romain BLAVET et Eric SCHACH
« Paru dans Informations Entreprise N°197 de Janvier, Février, Mars 2026 ».
La construction bas carbone ne se résume plus à une tendance : elle s’impose désormais comme un impératif sur tous les chantiers, des logements individuels aux écoquartiers. Dans cette quête d’efficacité environnementale et de fiabilité technique, l’aluminium revient en force. PREFA tire son épingle du jeu en misant sur un alliage fortement recyclé, une maîtrise unique du pliage métallique et une offre solaire pensée pour l’enveloppe globale du bâtiment. Entre montée en compétences des professionnels et ambition industrielle affirmée, l’entreprise affine une réponse solide aux défis qui redessinent aujourd’hui le marché.
Quelles sont aujourd’hui les grandes priorités environnementales et industrielles de PREFA ?
Romain BLAVET (Directeur commercial PREFA) : Notre priorité aujourd’hui, c’est clairement le recyclage. Nous produisons de la matière première aluminium destinée à l’enveloppe du bâtiment - couverture, façade, système d’évacuation des eaux et systèmes solaires. Nous atteignons actuellement environ 89 % de contenu recyclé, et notre ambition est de franchir rapidement le cap des 95 %.
Ce travail sur le recyclage s’accompagne d’un engagement fort sur la question énergétique. Depuis trois à quatre ans, nous avons intégré une gamme solaire, ce qui nous oblige à réfléchir autant à l’impact de nos produits qu’à celui de notre production. À l’échelle de l’usine, nous avançons vers une utilisation croissante d’énergies vertes afin d’aligner notre outil industriel avec nos objectifs environnementaux. À ce stade, nous n’avons rien à ajouter : cette feuille de route reflète très clairement nos priorités.
Qu’est-ce qui explique l’intérêt croissant des particuliers pour les solutions aluminium proposées par PREFA ?
Eric SCHACH (Directeur technique PREFA) : L’engouement actuel pour l’aluminium s’explique par plusieurs atouts majeurs. Le premier, nous l’avons évoqué, c’est la part importante de matière recyclée : c’est un véritable argument environnemental. Le second tient au large choix de coloris, qui permet de répondre à toutes les attentes esthétiques des particuliers.
En troisième position, il y a la variété de nos produits : nous transposons en aluminium l’ensemble des solutions de couverture traditionnelles - tuiles, ardoises, joint debout- à l’exception de la lauze et du chaume. Chez PREFA, un autre point fort réside dans les services. Nous disposons de deux centres de formation en France et misons fortement sur l’expertise. Près de la moitié de nos 28 collaborateurs sont d’ailleurs issus du métier de la couverture. Enfin, notre gamme complète - façade, couverture, gouttière, solaire - offre aux particuliers une enveloppe harmonieuse et durable, parfaitement alignée avec les enjeux écologiques.
Comment vos actions industrielles influencent elles les performances environnementales de vos fiches FDES ?
Eric SCHACH (Directeur technique PREFA) : Nous pouvons en effet faire un focus sur nos fiches FDES, car elles reflètent concrètement les efforts que nous menons pour réduire notre empreinte carbone. Certaines évolutions ont déjà été réalisées au niveau de la production, et leur impact sera encore plus significatif lorsque notre future usine en France sera opérationnelle. Aujourd’hui, rien que les améliorations apportées au transport, à l’organisation de la logistique et à l’efficacité de notre chaîne de production ont déjà permis de faire évoluer nos indicateurs.
L’intégration de panneaux solaires sur notre site constitue également un levier majeur : elle nous permet d’afficher un carbone nettement inférieur à ce que produiraient une chaudière gaz ou une alimentation classique via une centrale électrique. Par ailleurs, le marché évolue fortement avec la multiplication des écoquartiers, qui exigent des solutions bas carbone. C’est un enjeu auquel nous sommes pleinement préparés.
Pouvez-vous présenter les différentes solutions solaires proposées aujourd’hui par PREFA et leur mode d’intégration en toiture ?
Romain BLAVET (Directeur commercial PREFA) : Notre gamme PREFA Solaire repose aujourd’hui sur deux approches complémentaires, pensées pour s’adapter aux différents types de projets. La première consiste en un module solaire en surimposition, conçu pour être installé directement sur un support de couverture très répandu, le joint debout. Cette solution permet d’ajouter une production d’énergie sur une toiture existante ou neuve tout en préservant son esthétique et sa structure.
La seconde approche est une solution entièrement intégrée : il s’agit de notre tuile solaire, un module photovoltaïque directement incorporé dans la couverture. Cette tuile s’insère harmonieusement dans l’ensemble du système, qu’il s’agisse des rives, des égouts ou des raccordements, pour offrir une finition homogène et parfaitement cohérente avec le reste de la toiture. Avec ces deux technologies, nous couvrons à la fois les besoins d’équipement en rénovation et ceux de l’intégration architecturale en neuf, tout en garantissant une esthétique maîtrisée.
Vous disposez de deux centres de formation et intervenez en CFA ou auprès des Compagnons du Devoir. Pourquoi la formation est-elle devenue un pilier central de votre modèle en France ?
Eric SCHACH (Directeur technique PREFA) : Sur le marché français, il faut rappeler que l’aluminium était encore très peu présent il y a quelques années. Son développement a changé en profondeur les méthodes de travail. Alors que de nombreuses solutions traditionnelles reposent sur la soudure, nous avons fait le choix de ne pas souder nos éléments en aluminium, car cela altère définitivement la couleur, impossible à reconstituer. Nous avons donc privilégié l’agrafage, une technique spécifique qui repose sur le pliage - une forme d’origami métallique - et qui reste peu maîtrisée en France. Cette particularité rend la formation absolument essentielle. Sans un accompagnement solide, il aurait été difficile de diffuser nos produits et nos concepts auprès d’un large public. C’est pourquoi nous avons structuré une offre complète : deux centres de formation dédiés et des interventions dans une quinzaine d’autres centres. Cette transmission du savoir-faire conditionne véritablement la montée en compétences des entreprises.
Quels bénéfices attendez-vous de l’implantation d’une unité de production PREFA en France ?
Romain BLAVET (Directeur commercial PREFA) : Pour nous, le Made in France représente un enjeu essentiel. Même si nous appartenons à un groupe autrichien, nous sommes une équipe française et disposer d’une production implantée en France nous permettra de maîtriser pleinement l’ensemble des paramètres industriels. Cela signifie des délais plus courts, une réactivité accrue, une présence renforcée auprès de nos clients et une gestion logistique optimisée.
Aujourd’hui, beaucoup de ces aspects - de la commande à son traitement - sont encore pilotés par la maison-mère. Cette organisation peut créer quelques barrières, notamment linguistiques : certaines indications, comme celles présentes sur les palettes, restent en allemand. Avec une production française, nous pourrons valoriser notre ancrage local tout en simplifiant le quotidien des utilisateurs. Après plus de douze ans de présence dans l’Hexagone, cette implantation n’est pas une finalité mais un véritable engagement du groupe : celui de créer de l’emploi et de s’inscrire durablement dans le territoire.